Culture

Les traditions:

Les valeurs fondatrices du peuple corse restent très présentes dans l’île, à plus forte raison depuis que la mouvance nationaliste a mis au goût du jour la notion d’identité corse.

Le sens de l’honneur et le respect de la parole donnée qui en découle viennent certainement en tête de ces valeurs. Tout le monde a entendu parlé de la “vendetta” (vengeance). L’éloignement de la justice génoise et les défaillances de son application ont longtemps poussé celui qui avait subi une offense grave à faire justice lui-même. Le code de l’honneur l’y obligeait. De là sont nés les bandits d’honneur, devenus hors-la-loi et réfugiés parfois des années durant dans le maquis pour avoir lavé une offense par les armes.
Ces dernières qui au-delà de la tradition de la chasse, font aujourd’hui partie de la culture corse.

La famille tient également une place privilégiée. Quelques règles servent à préserver son unité et sa continuité, comme le choix du prénom d’un enfant par exemple qui se transmet de père en fils.

Le clan est une autre caractéristique insulaire. Véritable famille élargie associant des parents éloignés mais aussi des membres de la communauté villageoise, c’est une structure fermée et ses membres sont fidèles à ce cercle d’entraide dont ils servent les intérêts aveuglément.

Comme toutes les îles, la Corse a appris à se méfier de qui arrive du monde extérieur. D’abord sur ses gardes face aux italiens appelés “i luchesi”, puis face aux français appelés “i pinzutti” et enfin face aux “pied-noirs”, le corse d’aujourd’hui a un sens rare de l’accueil et de l’hospitalité face a celui qui respecte son île, ses habitants, son patrimoine et sa culture.

La ferveur religieuse des corses dépasse la simple observance d’un culte, la religion fait partie intégrante de la culture et du mode de vie des corses.
Chaque hameau ou presque possède sa chapelle, mais les messes sont célébrées dans les églises paroissiales dont beaucoup sont remarquables par leur architecture.

Sainte Dévote est la principale patronne de l’île, mais chaque ville et village fête son Saint Patron comme il se doit.
L’île compte également quelques temples protestants à Ajaccio et Pietranera ainsi une église catholique de rite grec à Cargese, il est à ce sujet intéressant de noter qu’elle partage un prêtre avec l’église catholique romaine qui lui fait face. Aucun culte musulman n’est recensé.

Les plus grandes manifestations religieuses de l’île ont lieu à Pâques. Des dizaines de processions de pénitents en cagoule peinant sous de lourds fardeaux, arpentent les ruelles des vieilles cités de l’île. De Bonifacio aux villages du Cap Corse, les confréries religieuses dont certaines ont plus de sept siècles d’existence, perpétuent ces traditions.

La plus célèbre des processions corses car la plus spectaculaire et la plus poignante est celle qui se tient à Sartène, toute entière dominée par le supplice du Catenacciu, un pénitent anonyme dissimulé par une cagoule et un habit rouge.

Pour expier les fautes connues du seul curé, il portera pieds nus, pendant plusieurs heures, une croix et des chaînes d’un poids total de 43 kilos. Suivi, mais jamais aidé, par les frères de la mort, il tombera trois fois, cheminant au son d’une ancienne lancinante “Perdono, mio Dio, mio Dio, perdono”.
A Bonifacio, le soir du vendredi saint, cinq confréries différentes convergent vers l’église ; les pénitents portent de lourdes châsses dont certaines pèsent près de 800 kilos.
Dans le nord de la Corse, on pratique la “granitola”, procession qui suit un itinéraire complexe en spirale. C’est le cas à Calvi où, pendant la semaine sainte, un spectacle fait revivre la passion du Christ au son de chants corses particulièrement émouvants.
D’autres rites, comme la “cerca” à Erbalunga, dans le Cap Corse, conduisent les pénitents à arpenter la montagne parfois à genoux, et à s’arrêter dans toutes les chapelles des environs.

La langue:

Le corse serait « un faiceau de parlers du groupe itaslien ». La langue corse n’est régulièrement parlée que par les personnes pagées et une poignée de jeunes. Pourtant, on estime à 70 % le nombre d’habitants sachant la parler !
Depuis que le gouvernement lui a accordé en 1974 le statut de langue régionale, elle est enseignée à l’université de Corte et dans certaines écoles. Mais les puristes préfèrent fabriquer des néologismes néo-corsiens à base de français en oubliant les affinités anciennes avec l’Italie.
Il faut aussi signaler la difficulté à « fixer » cette langue. Longtemps, elle n’a dépendu que de la tradition orale, et le problème pour l’enseigner est de se mettre d’accord sur un corse « généraliste » qui soit accepté par tous.

La littérature corse:

Combattue par la IIIe République, presque anéantie par la télévision et le monde moderne, la langue corse n’est régulièrement parlée que par les vieux et une poignée de jeunes. Pourtant, on estime à 70 % le nombre d’habitants sachant la parler ! Depuis que le gouvernement lui a accordé en 1974 le statut de langue régionale, elle est enseignée. Mais les puristes préfèrent fabriquer des néologismes néocorsiens à base de français, en oubliant les affinités anciennes avec l’Italie.

Il faut aussi signaler la difficulté à « fixer » cette langue à l’écrit. Longtemps, elle n’a dépendu que de la tradition orale, et le problème pour l’enseigner est de se mettre d’accord sur un corse « généraliste » qui soit accepté par tous. Car chaque microrégion à « son » parler corse. De fait, le vocabulaire varie souvent. Si on fait le tour de l’île, on trouve une bonne dizaine de manières de nommer une chaise,

Les chants corse:

La musique corse, essentiellement polyphonique, est une part de l’identité et de la culture insulaire corses, connue partout en France et même en Europe. Les chants polyphoniques (A pulifunia Corsa) sont à la base des chants de berger qui durant leurs séjours en montagne chantaient des paghjelle (au singulier paghjella).

Du point de vue du texte chanté, ces paghjelle avaient pour but premier de raconter les faits de la vie quotidienne, avant de devenir un moyen de transmission de culture, de tradition et d’histoire. C’est ainsi, par exemple, que la défaite de l’armée corse de Pascal Paoli face à l’armée française du roi Louis XV, à la bataille de Ponte Novu (Ponte Novo en italien, « Pont Neuf » en français), est encore chantée aujourd’hui dans plusieurs Paghjelle di Ponte Novu.

Ces chants accompagnent les hommes dans leur vie quotidienne et dans les événements forts comme les naissances, les mariages, les décès…

Les thèmes des polyphonies sont très variés : on trouve des chants amoureux, de travail, des lamentations sur le deuil, l’absence ou l’exil, des joutes poétiques, etc…

Dans les fêtes de village, des joutes chantées faisaient office d’animation. Autour d’un sujet divers, un duel en chansons s’organisait. Chaque chanteur devait alors répondre à l’autre avec une réponse pertinente… et poétique.

D’autres chants corse:

rss facebook twitter